Lecture analytique de Candide ou l’optimisme

Candide de Voltaire est l’une des oeuvres les plus étudiées durant le cursus scolaire. Il faut dire que l’oeuvre comporte de nombreux niveaux de lecture qui en font un régal pour les professeurs. C’est de ce conte philosophique publié en 1759 que nous proposons ci après une lecture analytique. Celle ci se concentre sur les chapitres les plus marquants de la progression du récit.

 

Chapitre 1

L’introduction du conte donne tout de suite le ton de l’ensemble de l’oeuvre. Voltaire veut faire de Candide ou l’optimisme son plaidoyer pour le parti des philosophes, pour la dénonciation du conservatisme social et de l’optimisme béat. C’est à cette fin qu’il place son conte dans un lieu imaginaire, la Westphalie, dans le château de M. le baron de Thunder-ten-tronckh. Il y présente le personnage de Candide qui, semble t-il, vit dans le meilleur des mondes, entouré de nombreuses personnes. C’est dans cette introduction aux allures de conte parfait, de conte de fées, que l’on sent déjà les première ironies de Voltaire qui dénonce là un monde fondé sur l’illusion.

 

Chapitre 2

Candide est chassé du paradis terrestre lorsqu’il doit fuir le chateau du baron de Thunder-ten-tronckh. Il passe d’un univers rêvé, le meilleur des mondes possibles, à celui difficile de la vie sur les routes, sans le sou ni protection. Dans sa fuite Candide est enrôlé dans l’armée Bulgare pour faire une guerre qu’il ne comprend pas. Voltaire en profite ici pour faire une satire de l’armée qui recrute une chair à canon facilement manipulable, en l’occurrence Candide. Celui ci à peine enrôlé il devient la proie de ses recruteurs et se lisse faire docilement, surpris par tant de violence. C’est à ce moment qu’il prend tout son sens comme héros naïf ou héros candide car il se laisse faire croyant encore aux enseignements perpétuellement oiptimistes de Pangloss, son maître à penser de l’époque bénie de Candide. Candide va dès à présent découvrir la violence du monde.

 

Chapitre 3

Ce chapitre concerne la guerre que mènent les Bulgares et dans laquelle Candide s’est retrouvé enrôlé. Ce chapitre a plusieurs intérêts. Tout d’abord d’un point de vue purement narratif puisqu’il est le premier choc de Candide. Il va être confronté à la guerre et à sa barbarie. Voltaire parle aussi de la guerre de façon plus philosophique et c’est là le second niveau de lecture. Il la présente tout d’abord comme un spectacle, utilisant un vocabulaire théâtral. Il part sur une envolée qui nous semble placer la guerre comme grandiose, comme un mal nécessaire pour voir plus loin, d’où la comptabilité déshumanisée des morts. Cette glorification apparente n’a comme but uniquement de dénoncer la guerre de façon plus violente en décrivant les atrocités d’une guerre, avec une description crue, qui rend les évènements encore plus violents et tragiques.

 

Chapitre 5

Le chapitre concerne celui du tremblement de terre à Lisbonne. Il y est mis en avant trois personnages. Candide voit les effets du tremblement de terre et se demande comment l’on peut être optimiste dans un monde où un cataclysme peut ravager une ville sans justification ni prévision. Pangloss lui voit le tremblement de terre comme le résultat d’un comportement des hommes, il ne font que payer le prix d’une de leurs erreurs. A ces deux conceptions philosophiques du monde s’oppose le personnage du matelot qui fouille les décombres pour amasser de l’argent et s’en aller querir des filles de mauvaise compagnie. Pangloss essaie de le ramener à la raison mais le matelot ne voit que son intérêt personnel et immédiat au détriment de tous secours envers les blessés.

 

Chapitre 6

Le chapitre 6 est un bel exemple de ce que peut écrire pour lutter contre le fanatisme. Dans ce chapitre, il est question de brûler plusieurs personnes en réponse au tremblement de terre de Lisbonne. La dénonciation du fanatisme se fait tout d’abord dans le côté totalement arbitraire des arrestations qui se font uniquement sur des caractères subjectifs comme les différences de culture ou de religion. L’autodafé est aussi présenté comme un acte religieux, une absurdité même aux yeux de Voltaire. Il y dénonce la superstition en présentant comme une idée totalement idiote le fait qu’un autodafé puisse empêcher à nouveau un tremblement de terre. Enfin, il tourne en ridicule l’optimisme de Candide qui le met encore dans une situation impossible.

 

Chapitre 16

Voltaire change de registre dans ce chapitre. Candide se retrouve dans la jungle et est confronté à un peuple sauvage. Tout commence comme une histoire d’amour qui n’est en fait qu’une vision aveuglement optimiste de Candide du monde qui l’entoure. Alors que l’on croit lire un récit d’amour et d’aventures dans le début du chapitre, on en lit une parodie avec la présence des singes, des femmes qui vivent nues de façon sauvage. Ce chapitre est l’occasion pour Voltaire de présenter une réfutation du mythe du bon sauvage de Rousseau. Voltaire entend que seul le progrès permet de faire avancer l’Homme et non pas un retour à la vie sauvage. Voltaire en profite aussi pour s’attaquer aux préjugés racistes en faisant du valet de Candide un personnage plus intelligent que ce dernier alors qu’on l’apparente dans le chapitre à un singe. Voltaire y dénonce donc le racisme.

 

Chapitre 19

Voltaire écrit pour dénoncer l’intolérance. Ce chapitre en est un exemple typique car le personnage du nègre du Surinam permet à Voltaire de faire une dénonciation du non respect des droits de l’Homme. Voltaire dénonce au travers de cet esclave les conditions dégradantes de la vie d’esclave dans un rapport d’homme à homme mais aussi d’un point de vue moral et spirituel, en dénonçant la complicité coupable des hommes d’Eglise. D’un point de vue moral, la dénonciation se fait en mettant en avant la dure condition d’esclave qui est la condition nécessaire au bonheur des gens fortunés d’Europe comme avec la consommation de sucre par exemple.

 

Conclusion de l’analyse de Candide

Il faut cultiver notre jardin. Voilà une conclusion qui aura fait couler beaucoup d’encre tant elle reste ouverte à de nombreuses interprétations. Toutefois, il faut y voir dans cette fin un plaidoyer qui dit qu’il ne faut pas se poser de questions métaphysiques car il n’y a pas de vérité absolue. Au contraire, son temps il faut l’employer à travailler car le travail gomme les défauts et permet à chacun de d’améliorer le sort de la communauté. Il faut cultiver notre jardin pourrait se lire comme Il faut travailler à l’amélioration du monde.

 

 

Ce commentaire analytique retrace donc les principaux chapitres de Candide de Voltaire. D’autres méritent aussi une lecture plus profonde mais les principaux thèmes de l’oeuvre sont ici couverts et devraient mieux vous orienter dans la lecture de ce classique.

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