Analyse de Candide ou l’optimisme

Né en 1694, Voltaire a soixante-quatre ans lorsqu’il rédige Candide ou l’Optimisme en 1758. Ses carrières d’historien, de dramaturge, de philosophe lui ont assuré, à ce moment de sa vie, une existence confortable et une réputation déjà bien assise.

 

Le contexte autour de l’écriture de Candide

Au moment où il écrit Candide, l’auteur et philosophe est marqué par de multiples épreuves qui se retrouveront dans son œuvre. Attiré à Berlin par le roi de Prusse Frédéric II, Voltaire s’y rend en 1750. Il sera rapidement contraint de quitter la cour de son nouvel hôte, ce dernier le condamnant pour certains de ses écrits. Également interdit de retourner à Paris par un édit de Louis XV, Voltaire s’installera après quelques temps d’errance dans sa propriété des Délices. Ainsi on peut rapprocher cette installation à la fin de Candide qui voit le personnage cesser son errance et s’installer.

D’autre part en novembre 1755 a lieu un événement tragique qui marquera Voltaire dans son âme et dans son œuvre ainsi que toute l’Europe, et que l’on retrouve comme un élément clef du récit de Candide. Un séisme d’une immense violence et le tsunami qui s’en suit dévaste la ville de Lisbonne et fait entre 50000 et 100000 victimes. Candide est confronté à cet événement aux chapitres V et VI du conte.

Enfin on peut noter que la guerre de Sept Ans, qui éclate en 1756 entre, d’un côté la Prusse et l’Angleterre, de l’autre la France, la Russie et l’Autriche, se retrouve dans le début de l’ouvrage. Ce conflit révolta Voltaire par les massacres qu’elle causa.

 

Au travers de ces différentes manifestations de ce qui a touché de près ou de loin Voltaire dans son existence, on retrouve ce qui a motivé la rédaction de Candide. Dans ce conte philosophique, Voltaire apporte une réflexion sur le Mal et ses différentes apparitions. Le Mal causé par Dieu au travers du séisme de Lisbonne, le mal que créent les hommes eux-mêmes par la guerre notamment, et pose ainsi la question de comment accepter l’existence de ce Mal parallèlement à celle de Dieu. Cette réflexion se pare d’ironie et l’auteur ne manque pas de critiquer entre autres au fil de son récit la Religion et ses représentants. Ainsi il dépeint avec assez d’ironie comment les « sages du pays » décident, pour se prémunir contre de futurs tremblements de terre, de condamner à mort certains des habitants. On peut lire la force de cette ironie quasi-omniprésente dans les termes de Voltaire : « il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu […] est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler ».

 

Le livre, un support qui permet à Voltaire d’exprimer ses idées

D’autres passages marquants sont l’occasion pour Voltaire de développer sa philosophie, comme dans les très célèbres chapitres XVII et XVIII au cours desquels Candide et son acolyte Cacambo découvrent le monde utopique d’El Dorado. Tout en montrant sa vision d’un monde « idéal », Voltaire exerce une nouvelle fois son art de l’ironie et nous montre que ce monde est bel et bien fictif et ne peut être réel.

 

Le conte est le récit de l’évolution d’une mentalité et d’un esprit, celui de Candide qui, alors qu’au premier chapitre il se laissait guider par tous et notamment son maître Pangloss (symbole de l’Optimisme dans le conte), trouvera finalement une indépendance et se forgera sa propre identité et sa propre philosophie. Dans la continuité de l’El Dorado, on pourra alors comprendre avec Candide que le vrai bonheur ne se trouve pas dans un monde parfait inatteignable, un monde de rêves, mais dans l’élaboration d’un bonheur simple, fruit du travail comme le prouve la dernière phrase du conte désormais célèbre : « il faut cultiver notre jardin ».

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